folle du 450

Thursday, January 10, 2008

Dans l'ombre de la lumière

Il y a des jours où l’on se sent rayonnante et d’autres jours où l’on s’enfonce dans le noir. Chaque jour, sans trop savoir pourquoi, nous faisons le choix d’être dans la lumière ou d’être dans l’obscurité. C’est toujours et encore une question de choix et de conviction pour laquelle il n'y a pas de juste milieu.
Il y a aussi ces jours où je me sens comme un sac à surprises que l’on achetait autrefois au dépanneur du coin. L’emballage est  attrayant et l'on sent au toucher que des chose se cachent à l'intérieur. Irrémédiablement l'excitation de faire de nouvelles découvertes et de vivre de nouvelles expériences prend le dessus et l'on ne peut résister à l'envie de mettre la main dans le sac.

On se sait jamais à l’avance ce que l’on va découvrir à l'intérieur de notre sac mais inévitablement une déception nous attend et l'on se désintéresse rapidement du contenu et du contenant. Nulle si découverte, meilleure chance la prochaine fois.
Parfois derrière les rayons il se trouve qu’il n’y a pas grand-chose. Aveuglée par la lumière et les reflets du miroir on finit par ne rien trouver. Dans d’autres cas l'objet convoité  est si éloigné qu’il est inatteignable et par le fait même  inaccessible, là c'est aussi une question de choix et de conviction.

Il arrive aussi que dans la noirceur on se heurte à des choses dont on ne soupçonnait même pas la présence, des éléments dont on ignorait totalement l’existence. Impossible dans le noir de distinguer le vrai du faux.
Dans tous les cas il faut avancer, que ce soit pour se brûler les ailes ou encore pour trébucher et se casser un orteil.

Quoique l'on choisisse la douleur finira par apparaître et il ne peut en être autrement. Cette douleur finira par s'estomper mais ce n'est chaque fois que pour mieux revenir.

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Thursday, August 31, 2006

Etre une pute c'est...

Dire oui quand on a envie de dire non, se taire quand on a envie de parler, simplement pour plaire ou pire encore pour ne pas déplaire. Penser comme tout le monde, se fondre dans la masse et arriver à ne plus penser par soi-même mais penser par les autres pour les autres et comme les autres.
Taire sa différence et devenir comme tout le monde, invisible, insipide, sans odeur et sans saveur.. aseptisé de toutes nuances et particularités, ne plus avoir d'identité. Se fondre dans un moule pour faire comme les autres et être comme les autres, taire sa voix, taire sa voie. Prendre le chemin commun, celui-dont on connait le parcours mais qui ne mene nulle part: sans issue, en cul de sac et qui tourne en rond. Ne pas prendre de décision est une décision en soi. Retour à la case départ, ne pas, ne plus, ne jamais... l'inexistence dans la collectivité.
Nous sommes toutes des putes et mon corps est un espace publicitaire à louer. Je suis à vendre.

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Wednesday, August 02, 2006

Gros méchant loup veut que je touche à son joujou

Dans une forêt urbaine vivait un abominable méchant loup. Il était laid, poilu, et avait un tout tout petit engin… un vrai turn off et sexuellement une véritable perte de temps... Il n’était pas très populaire et peu acceptaient de le suivre dans une ruelle ou de finir la soirée dans son taudis.

Il était ainsi devenu si méchant, si renfermé et si affamé que rares étaient les personnes qui osaient s'aventurer dans sa forêt non épilée. Encore plus rares étaient ceux qui consentaient à avoir des rapports sexuels avec lui… du moins consciemment et en tout connaissance de la (petite) chose. La plupart de ceux qui finissaient dans son lit ne se souvenaient pas comment ils y avaient atterris.

Une nuit, un petit chaperon tout de rouge vêtu s'aventura dans son quartier. Le grand méchant loup était quant à lui terriblement affamé et n’avait pas baisé depuis une éternité.

Pauvre chaperon rouge se disaient les écureuils et les lampadaires chantant, il ne sait pas ce qui l’attend en traversant si naïvement les ruelles de la forêt urbaine et les petits parcs jonchés de seringues souillées. Il va surement se faire manger par le loup. Mieux encore, se faire offrir de la drogue ou de l’argent en échange de faveurs et d’un rapprochement corporel. Étant donné qu’il devra être à quatre pattes pour s’exécuter, probable aussi qu’il se fasse piquer et qu’il s’endorme pour l’éternité.

Ce qui devait arriver arriva : le grand méchant loup sortit de sa cachette pour profiter du chaperon! Attends! s'écria le chaperon rouge, j’accepte les cartes visa, l’argent kétaine tire, les bons rabais et les pétro-points! J’ai aussi de bien bonnes galettes de beurres à t'offrir ainsi qu'un vieux sugar dady cardiaque et ratatiné. En échange, tu devras préserver ma pseudo virginité et ainsi je conserverai ce qu’il me reste de chasteté. Nous pourrons ainsi partager l’héritage du vieux schnouck qui profite de moi en échange d’un peu de blé.

Le méchant loup accepta le marché‚ se disant bien qu'il pourrait toujours se tapper le chaperon rouge après s’être tapé le vieux ratatiné, ou mieux encore, faire un three some, après tout, voilà bien longtemps qu’il ne s’était pas vidé.

Le loup affamé ne tarda pas à dévorer les galettes, et épargna pour le moment le chaperon afin que celui-ci le conduise tel que convenu auprès de son sugar dady. Il se voyait déjà devenir riche sans avoir à choisir entre l’œuf et l’enveloppe. Les galettes mangées, l’univers du méchant loup ne tarda pas à basculer d’un seul coup : celui-ci s'écria « je vais souffler vos maisons et vous transformer en jambon! Venez à moi petits petits cochons! »

Et le grand méchant loup souffla souffla et s'essouffla par terre, terrassé d'une crise cardiaque. Et oui, petit chaperon avait enrobé de GHB et d’acide les galettes destinées à son sugar dady dans le but évident d’hériter de celui-ci.

Les galettes mangées et le loup terrassé, chaperon dû se résigner à rejoindre son vieux ratatiné et finir sa soirée les jambes écartées, exécutant le pourquoi il était payé. L’héritage attendra… jusqu’à la prochaine fois.

La morale de cette histoire : nous sommes tous à la fois la victime et l’assaillant de quelqu’un d’autre, il ne faut jamais accepter les galettes de beurre d’un inconnu et surtout brossez vous les dents.

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Tuesday, August 01, 2006

objets perdus

J'suis comme une charrue qui se fait une ligne le long trottoir
Une longue ligne toute blanche
que j'vas sniffer pis me rentrer dans l'nez
pour m'aider à faire ma journée
faire ma journée sur le trottoir
(...)
Eille man t’aurais pas une cigarette
T’aurais pas un peu d’paradis
Je m’ennui ici
Y’a personne qui veut de moi
Y’a personne qui veut me ramasser
Faut croire que chu pas assez à terre de même
(...)
Y’a pas de place pour moi ici
Y’a pas de place pour moi nulle part
Partout ou j’vas on me dit que chu pas à ma place
La seule place que j’ai c la rue
Pis même elle a veut pas d’moi
(...)
On paye du monde pour ramasser des vidanges
Mais personne veut payer pour me ramasser
Pourtant y’a pas grande différence
Entre moi et un sac d’ordure
Quand on est rempli on nous crisse dehors
Pis on passe nos journées sur le trottoir
A attendre le prochain client qui va v’nir nous ramasser
(...)
Eille man j’ai perdu ma virginité
Tu saurais pas où j’peux la r’trouver
Les objets perdus c’est tu ici?
Est-ce que je peux m’asseoir un peu?
Je me sens perdue parfois
Peut-être ben que m’a finir par me r’trouver
J’ai perdu ma dignité aussi
Mais ça c’est pas important
J’en ai pas besoin pour faire ce que je fais
(...)
Tous ce qu’ils veulent c’est me faire du mal
Comme si je m’en faisais pas assez moi-même
J ’ai pas besoin de personne pour me faire du mal
Chu capable toute seule, j’ai pas besoin d’aide pour ça
(...)
J’aimerais ça être capable de traverser la rue
Arriver de l’autre côté toute seule comme une grande fille
Être sur le trottoir, mais de l’autre côté d’la rue… Wow!
Ça me donnerait l’illusion de pouvoir revenir en arrière
De pouvoir retourner là où tout a commencé
De reculer dans le temps pis de faire les choses différemment
(...)

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